
I don’t need no arms around me and I dont need no drugs to calm me.
May 13, 2012
May 6, 2012
J’apprends à lâcher prise. A ne pas tenir une corde attaché au vide. Je ne sais pas quel état d’âme prime. Je ne sais pas si l’âme prime sur quoique ce soit. Je ne veux primer sur rien, juste être sur un pied d’égalité avec le temps et enterrer la hache de guerre. Plus d’instants dérobés sous mes yeux. Ne pas trop accorder d’importance aux minutes. Elles reviennent. Elles reviendront toujours. C’est l’éternel retour de Nietzsche. Je ne vais pas garder un semblant d’emprise sur mon existence. Ni moi ni le reste des choses. Être sous l’emprise de soi-même est bien plus tyrannique que de l’être sous quelqu’un ou quelque chose d’autre. Je me libère. J’enlève ma propre chaîne et me laisse vagabonder en toute confiance. C’est peut être ça le début d’harmonie que j’attendais. Croire que mes digressions mentales ne me mèneront plus dans le vide existentiel d’autrefois. Je ne vois plus les ruptures et les distorsions du temps. Je me contente de ressentir le mouvement et de ne pas aspirer à un antérieur ni à un postérieur. Saint Augustin vous diras que je suis alors éternel. Je ne suis plus l’être qui va s’engouffrer dans le passé ni celui qui cherchera à courir plus vite que son devenir.
May 3, 2012
May 2, 2012
C’est tout ce qu’il restait, là, devant toi. Des instants en décomposition, un temps partie en lambeau. Tu détournes les yeux de ton reflet dans l’eau. C’est finit. Pour de bon. Tu ne vends plus du rêve mais de la réalité désormais. Avec toutes ces existences sans lucidité tu fais bonne affaire. Je ne veux pas de ta vérité. Chez moi elle devient mensonge. Tes envies elles, étaient bien réelles. Tu n’as rien fait pour les sauver. Un jour d’octobre, tu as tout refermé comme un vieille album de famille à l’odeur putride de la nostalgie. Ta seule famille, c’est toi. Tu te refermes toi-même. Tes trois milles visages entassés dans un tiroir. J’effleure un passé inexistant assit sur une chaise longue. Je ne veux pas nourrir ton inertie. J’essaye de cogner là où ça n’a pas été encore fait. Mais tu ne sembles être qu’ecchymoses sur ecchymoses. Rien n’est identique. Les mouvements ne sont plus uniforme. Il faudrait s’exploser pour les suivre. Mais regardes-nous, peut être qu’on s’est déjà éclaté depuis longtemps. On s’est éparpillé dans toutes ces rues dont on a oublié les noms. On ne s’est pas cherché. Ni toi, ni moi, ni nous-même.
April 30, 2012
Bonsoir, il est 21h21 et ça n’a aucune importance car je ne pense pas à moi. Et le temps n’existe pas,juste comme ça, au passage. Alors sans le jour et le soir on ne se dira plus que Bon. Plus que trois lettres pour qualifier toute une vie. On finira par fourcher et dire Bof. Bof, il est 21h22 et quelqu’un est de trop dans l’histoire. Tous ces 2 qui prennent le dessus me font subitement penser à quel point ils sont égocentriques. Toujours à vouloir passer devant le 1 et jouer les faux modestes. D’ailleurs, le 1 n’a rien de prétentieux en soi. Etre le premier n’est qu’un artifice. En réalité, on est juste après le 0. On s’est bien fait leurré.21h27. Non c’est faux je n’ai pas laissé défiler aussi longtemps les minutes. Ce genre de spectacle ne m’exalte pas. Autant que de regarder cette grande aiguille incapable de se mouvoir seul dans l’espace sans l’aide de l’autre petite gringalette qui comme un poisson rouge fait le tour de son bocal à l’infini. Le temps est un épileptique. Je ne regarde pas les épileptiques dans leur crise. Par respect. 21h31. C’est un marathon de tortues face à moi. Jouissif. Je sirote un jus tourné avec un fond sonore des Ghinzu- The end of the world. On attend que ça. Le grand show à l’américaine. Des cris, des pleurs, des morts et puis… Personne. Pas de héros. Tous ensevelie dans la même merde mondiale, qui elle ne peut prétendre à aucune nationalité. Je survole des cahiers. J’aime bien ce verbe,survoler. Oui madame, moi je fais mieux que voler, je survole. C’est fou, c’est beau la prétention de la langue française. Je me dis que j’écris mal. Mes lettres sont difformes, toujours amputées d’une barre. Mes accents n’ont rien d’aigus, de grave. Y a peut être que dans mon écriture que rien n’est grave. 21h31. Oui, j’ai fait revenir le monde en arrière. Je suis le maitre du temps. Y a probablement des gens qui vont devoir revivre un accident ou un lapsus fatal à cause de moi. Et probablement aussi un ivrogne qui va devoir se reprendre une cuite pour la seconde fois et enchainer deux comas dans la même nuit. J’ai peut être aussi donné l’occasion à certains de voir la brutalité de la réalité deux fois. 21h40. J’ai accéléré le temps.Tout le monde a foncé dans le mur plus vite. J’épargne l’agonie en connaissance de cause.21h41. J’ai fait une minute de silence pour tous ceux que j’ai tué deux fois dans la même soirée. Je devrais peut être en faire deux alors. Non. Ces 2 sont vraiment trop présent. 21h45. J’ai laissé quatre minutes me faire un strip-tease. J’irais peut être me confesser à un prêtre pour ça.21h51. J’étais dans la salle des pensées, soi dit en passant la salle de bain. Personne n’a encore pensé dans cette même salle de bain à faire une théorie sur l’aspect propice à la réflexion de cette pièce. 21h52. Les grandes inventions ont été conçues dans des chiottes.21h53. Les génies ont passé leur existence le cul au-dessus de la cuvette.21h54. J’écris une phrase à la minute ou je rêve ? 21h54. Ça me rassure. Pour en revenir à l’histoire de la salle de bain, j’ai repensé au pêché originel. Enfin “repensé”, autre verbe prétentieux de la langue française pour prétendre à un certain recul sur certaines choses auxquelles ont a déjà pensé au préalable auparavant.21h56. J’ai mis du temps à formuler cette phrase.21h56. Ah ça pour former des excuses en moins d’une minute, on est tous Bon.21h57. Adam, si seulement tu t’étais étouffé avec ta pomme. Error existence. On serait pas là.21h58. Ni vous, ni moi entrain de revisiter la bible.21h59. Y a quand même des mecs qui ont réussi à trouver dans la bible 4 fois le mot Torah en utilisant le système de la première lettre de chaque mot d’une phrase. Coïncidence? Je ne crois pas non.22h00. Apocalypse. Moi aussi je peux faire des combinaisons douteuses et des magouilles en prenant des lettres en début de phrases dans ce texte.22h01. Ça fait Dieu. Coïncidence ? Je ne crois pas non.22h02. Trop de 2.Je vais attendre la minute d’après.22h03. En réalité ça faisait Beapob. Un bon nom de scène pour un groupe pop de merde.22h04. Bof.22h05. Adam, c’est comme un gosse. Tu lui dit touche pas,tu peux être sur que la minute d’après il sera entrain de braver l’interdit.22h06. Enfin braver, c’est un bien grand mot quand il s’agit de manger une pomme.22h06. J’vais peut être aller sur wikipédia pour voir si ce que je vous dit c’est pas de la connerie. Même si à la base c’est de la connerie. Wikipédia, pas Adam.22h07. J’ai pas envie de débattre religion ici.22h08. Enfin quand même… une pomme à l’origine de la connerie humaine, c’est un peu gros.22h08. En fait il a pas parlé, il a directement agit comme un con. Il est bien à l’image de l’Homme.22h09.Et sans aucun regret en plus.22h10. Un 1 devant un 0 ça n’existe pas désolé.22h11. En fait, il est seulement 22h10. Je suis toujours le maitre du temps. Ça n’a pas changé entre deux secondes de mon existence.22h11. Si on réfléchit bien.22h12. On va se contenter de réfléchir.22h13. Le temps, c’est bien une création de l’homme. Aussi intelligente que le fait de bouffer une pomme.22h13. Les gars, vous avez vraiment cru que vous aviez la moindre maitrise sur le monde avec ça ?.22h14. Faut croire que oui, vu où on en est aujourd’hui.22h15. La situation est déplorable.22h16. On a même des nanosecondes c’est pour dire.22h17. En première j’ai eu une écriture d’invention avec pour sujet: vous êtes un être venu d’une autre planète et vous arrivez sur terre. Parler de ce qui vous a paru le plus aberrent ici.22h17. Bon l’intitulé est pas exacte mais mon cerveau l’avait traduit de cette manière là. Nous, on se leurre pas.22h18. J’avais eu 16, meilleure note de la classe. De quoi j’ai parlé ? Du temps pardi.22h18. Pas de la pluie et du beau temps hein. Encore une charmante expression de la langue française.22h19. Je vais chercher mon expression écrite pour vous en balancer un extrait. Si, j’insiste.22h24. Plutôt pas mal pour retrouver une vieille expression écrite.22h24. Dois-je vous rappeler la consistance d’un classeur de français sur une année ou vous prévisualisez le truc? 22h25. Bien. Extrait :“ Ils divisent leurs existences à l’aide de “nombres”. Ces figures leurs permettent de scinder les heures, les jours et plus encore. Ce qu’il y a de plus frappant avec cela,c’est l’engrenage de ce système. La folie des nombres les entraînent à toujours diviser plus. Tout semble être fondé sur la présence de ces symboles. Ils peuvent même estimer s’ils perdent ou gagnent du temps[...] J’ai pu observer sur certains poignets un objet métallique monté avec une grande minutie.Non seulement ces humains ont la capacité d’emprisonner le temps mais en plus, ils le font tourner à l’infini[...] Puis cette jeune femme dans mon habitat m’a interpellé devant chez moi pour me demander, de manière tout à fait normal, l’heure qu’il était. Je lui ai répondu vaguement confus que je n’en avais pas sur moi.”.22h30. Ça méritait plus qu’un 16 quand même.22h31. Je vais en faire un roman. Time’s theory.22h32. Non. Time doesn’t care about you.22h34.22.35 Time is an hoax.22h36. Time doesn’t give a damn.22h36. Langue: 4/4, analyse et réflexion 4.5/6, connaissances 3/4, invention/créativité:2/2.22h37. Mon analyse m’a niqué.Ma réflexion aussi. Mais y a pas d’analyse sans réflexion normalement.22h38. Je me comprends dieu merci.22h38. La fin de cette rédaction laissait à désirer quand même, je l’admet. Donc je ne vais pas la retranscrire. Ça irait à l’encontre de mon amour propre. Je manquais de temps pour l’améliorer (mon expression écrite, pas mon amour propre). Quelle ironie pour une expression sur le temps.22h39. Tu t’es bien foutu de ma gueule connard. Mais en 2h00minutes00secondes je t’avais plutôt pas mal cerné pour dévoiler le gros canular que t’étais.22h40.22h41. On va peut être se quitter.22h42. J’hésite encore. On sait jamais, j’ai peut être encore des choses à dire.22h43. Je mets jamais la date sur mes cours. Je me laisse pas guider par le temps. Sauf que c’est toujours un peu nécessaire quand on vit en société.22h44. Oui, je vis en société, je suis tout à fait civilisé putain.22h44. Je suis vulgaire je crois.22h44. Pourquoi ce double 2 et ce double 4 stagnent ? 22h45. Merci, je ne supportais pas le duo.22h45…22h46.22h49. C’est pas ce qu’on pourrait appeler de l’insomnie.22h50. Y a un temps pour tout.22h51. Et y’en a un pour tous.00h00. Sauf pour moi, le maitre du temps.22h52. Adopte un mec, c’est un peu comme l’océan pacifique. Beaucoup de thons contre un ou deux marins bien foutu.22h52. J’exagère.22h53. Pas en fait. J’ai du aller les chercher les marins.22h54. Au risque de passer le restant de mes jours à avoir des has-been qui me visite.22h54. Me visiter… Un peu comme le Louvre.22h55. Ou une folle dans un asile.22h55. En fait, les fous on les enferment pour cause de trop grande lucidité.22h56. Du coup les vrais fous sont encore en liberté.22h56. Vous en faites parti. Moi, ils m’ont pas encore eu.22h57. J’ai regardé un reportage tout à l’heure sur les quatre manières de mettre fin au monde.22h58. Y’en a quand même qui, plutôt que d’aider les pays du sud et de trouver un traitement efficace pour le sida, vont chercher la manière la plus efficace de mettre fin au monde.23h00. Quoi que, on est déjà à un stade bien avancé, autant achever l’affaire.23h00. The end of the world.23h02. Tout va bien. Je suis le maitre du temps. On peut revivre ça sans soucis à l’infini jusqu’à se lasser de voir notre autodestruction.23h03. SadoMazo.com. On aime se faire souffrir et se voir souffrir.23h04. Si on s’apitoie pas sur nous-même, qui le fera à notre place ? 23h05. Adam. Suis-je bête.23h08. Les bras de Morphée m’appelle.23h09.Non même ses bras-là ne me sont pas accessible.23h10. Je serais pas sur adopteunmec.com sinon, réfléchit.23h11.Je cherche des bras. Ceci est un appel de détresse.23h11. Mika T.,23 ans vous envoie un charme.23h11. Depuis Antibes.23h12. Je préfère le laisser là-bas.23h14. Y a eu une panne de courant.23h15. J’ai vraiment pensé à l’apocalypse pendant un instant. C’était peut être pour m’épargner la vue de Mika T.23h15. Je suis pas méchante.23h15. Réaliste, nuance.23h16. Il s’appelle Mika quand même.23h16.De toute façon si ça avait été vraiment l’apocalypse, j’aurai pas eu le temps de voir les lumières s’éteindre.23h17.23h19. Comme quoi on remplie pas toujours notre temps convenablement et après on vient se plaindre de pas en avoir assez.23h19. Mais je m’en fou, je suis le maitre du temps.24h00. Chrono.
Sayonara.
April 29, 2012
What will I see without your eyes, the streets are dark, what will I see with my own eyes
C’était exécrable. Cette manie qu’il avait de fermer lentement la première porte et d’ouvrir la seconde brusquement sans prendre la peine de la refermer. C’était un peu le reflet de ses afflictions. Des plaies entrouvertes et des souvenirs barricadés. Il est d’une beauté détestable dans sa mélancolie. Comme si toute la tendresse du monde et la douceur des saisons s’étaient immaculés sur son visage. On penchait tout le poids de nos corps au-dessus de la rambarde du balcon les matins brumeux. De ces étages trop hauts pour prétendre à une existence dans la foule et trop bas pour effleurer le temps, on pouvait encore noyer nos esprits dans le brouillard. L’humidité perçait nos joues et nos regards ne s’accrochaient à aucun détail du paysage. D’ici, nous étions perdus.
April 28, 2012
Raphaël s’en va. Raphaël revient, mais plus rarement. Il s’en va surtout. Souvent. C’est dans sa respiration que l’on sait s’il compte revenir un jour. Cette respiration longue dans laquelle s’évapore des années de bonheurs abstraits. Raphaël sait qu’il a tout perdu de ces choses concrètes. Il ne lui reste plus que la volatilité des heures et les silences jamais brisés. Malgré l’état éphémère du ciel reflété dans son regard semi-clos, il y a toujours un semblant de stabilité dans les fragments gris de ses yeux. Il est un manque. Sa présence manque indéniablement lors de la transition de l’automne à l’hiver. Comme la vue de l’horizon nous manquerait, caché derrière une armée d’immeubles usés. Raphaël aussi est usé. Ses sourires fanent et sa peau ternie. Il disparait avec l’horizon derrière un monde qui ne le reconnait plus. Raphaël sourit encore sans raison apparente. De la raison, il n’en a jamais eu. Le jour où ses passions se sont éteintes, Raphaël a rendu son dernière éclat au scintillement de la mer. Il déserte son existence avec amertume. Raphaël entretient le chagrin dans ses draps froissés par sa trop longue absence. Tout ce qui lui reste, c’est l’intensité de ses souvenirs. Raphaël veut croire que ceux qu’il a partagé n’ont pas été vains. Que ces instants pourtant inexistants au regard du temps soit encore suffisant pour exister à travers des souvenirs-écrans. Raphaël me revient parfois dans un silence. Ou dans un soupir chargé de rancœur envers le monde. Une nostalgie injuste. Mais les silences sempiternels n’existent pas et son existence ressemble plus à un mythe vaguement enjolivé. La réalité de Raphaël n’a pourtant rien d’artificielle. Elle est juste un éclat de verre brisé qui apparait et disparait au rythme des aléas de la lumière. Dans la fraction de seconde où un rayon effleure le sol. Entre deux respirations. Et un battement de paupière. Raphaël existe.
April 27, 2012
Tout va. Ni en bien ni en mal. Pas de logique dans les évènements ni d’enchainements compatibles. On abhorre les journées avec le même soleil pâle qui valse au dessus de nos paupières. Cette danse nous fait régurgiter de la manière la plus vulgaire qui puisse exister, entre deux matins d’après apocalypse. Tu ne m’écoutera pas cette fois. Tu prendra juste un air las et tu retournera sous la pluie en espérant qu’une de ces gouttes d’eau te soit fatale. Nous ne sommes pas des martyrs. Nous ne sommes pas les acteurs de ces existences qui se déroulent lentement sous nos yeux. Notre spectacle est ailleurs. Probablement au milieu des mers grises agitées. Est-ce que c’est leur reflet qui font cet orage platine dans tes pupille (?) Nous ne sommes plus sous tension. Je regarde ton corps s’humidifier sous la pression du ciel. Sous nos pieds le goudron ne forme plus qu’une sombre masse uniforme, cachant les cratères qui pourraient nous faire trébucher. Nos 250 arrêts cardiaques, nous les devons à ce sol qui n’a cessé de nous retenir dans ces espaces béants. Entre l’instant où nos corps se courbaient au rythme du vent et où nos respirations se coupaient momentanément, nos organes cardiaques se contractaient, faisant de nos poitrines des roches prêtes à se briser. C’est l’amas d’oxygène dans nos poumons comme une silicose qui nous rend si lourd dans la chute. On s’est toujours rattrapé. On ne sait pas pourquoi ces réflexes lâches perdurent. Tu n’es jamais tombé proprement. On finissait toujours par retomber sur l’autre jambe, à moité gesticulant pour retrouver un certain équilibre. Celui que nous n’avions jamais eu mentalement. Quand nos corps lâcheront prise, ça sera le reflet de notre chaos interne. Nous serons enfin harmonieux.
April 24, 2012
You know I plan to retire some day
J’oublie tout le monde. J’oublie déjà le présent. L’envie de partir envahie l’instant. Je me promène déjà dans ces rues trop étroites ou trop larges, dans ces espaces béants s’ouvrant sur le vide, face à cette mer capricieuse, parfois agitée, parfois fatiguée. Les bribes de voix n’affectent même plus le silence paisible qui m’attend là-bas. Ce silence après une longue déchirure avec le reste de la foule. Les vibrations du sol s’atténuent. Les palpitations de la violence s’éteignent avec les lumières de la ville. Entre chaque battement de paupière de nouveaux visages passent et disparaissent. L’éphémère rythme les mouvements du paysage. Les heures me semblent déjà plus réelles et le temps une notion un peu plus sensé. Personne ne fuit. Personne ne s’attend.
April 17, 2012
Il a l’intérêt éphémère. J’ai la nausée dans cette vague atmosphère d’indifférence. Les silences prennent du sens, les mots le perde. Les extrêmes s’inversent. Mes sentiments jetés à chaud sur l’instant se gèlent pour se liquéfier à nouveau sous ses pieds.J’ai la fatigue constante. Tous ces étages que je longe comme l’ectoplasme que j’ai toujours été ne me mène qu’en face du même néant. Ses yeux en déborde. Leur flot de vacuité noie le temps que je lui consacre. Ce regard vitreux balaye l’instant présent d’une manière dédaigneuse. Il veut quitter ces mêmes kilomètres carrés qu’il parcoure sans cesse les yeux fermés. Oublier qu’il est toujours au même endroit depuis trop longtemps déjà. J’essaye de le retenir dans mon présent jusqu’à nos dernières respirations dans ces couloirs. Mais les longs silences dessine déjà un futur que j’ai toujours cru inexistant, tout comme la ligne du temps. Cette conception humaine que j’ai longuement rejeté ne devient que trop réel sur son visage fissuré par des années d’absence dans le présent. Et je serais absente dans ses années futures.


